« Entre mémoire et marketing, le nom du Stade Tata Raphaël ne se vend pas »
Je voulais me taire, mais je ne peux pas. Car il y a des choses qu’un patriote ne peut ni tolérer, ni accepter, sans devenir complice du mensonge et de l’oubli. Rebaptiser le Stade Tata Raphaël au nom d’un combat de boxe, fût-il « du siècle », c’est effacer un pan entier de notre mémoire collective. C’est renier l’un des bâtisseurs du sport congolais, celui que nos pères appelaient affectueusement Tata Raphaël. Oui, l’histoire du Congo a connu plusieurs tournants. Sous le régime du président Mobutu Sese Seko, la politique du recours à l’authenticité a voulu rompre avec les symboles coloniaux : • Le Congo est devenu Zaïre ; • Léopoldville est devenue Kinshasa ; • Les noms chrétiens ont été remplacés par des noms africains ; • Les statues et monuments coloniaux ont été démontés. Mais cette politique n’a jamais eu pour but d’effacer la mémoire des hommes de bien. Certains, bien que venus d’ailleurs, ont semé dans ce pays des graines de fraternité, d’éducation et d’émancipa...