Au lendemain de la mort de David Mbungu, les déplacés de l’Est interpellent le Gouvernement : « Nous avons fui la guerre, nous ne devons pas fuir nos familles d’accueil »
Kinshasa, 11 septembre 2025 — Une matinée marquée par l’émotion et l’inquiétude
Au lendemain de la mort de David Mbungu Mavallee, la matinée du 11 septembre 2025 est marquée par l’émotion, la consternation et l’inquiétude au sein des familles de déplacés originaires de l’Est de la République démocratique du Congo.
Selon les informations rapportées par les proches, David Mbungu aurait été mortellement atteint par balle la veille, dans un contexte où sa famille aurait été confrontée à des accusations liées à l’accueil de personnes présentées comme étant d’origine rwandaise.
Au-delà du drame familial, cette mort soulève une préoccupation plus large : la sécurité des familles qui accueillent des personnes déplacées par les conflits armés de l’Est du pays.
« Nous avons fui la guerre pour trouver refuge »
Les déplacés de l’Est rappellent qu’ils ont quitté leurs milieux d’origine dans des circonstances souvent dramatiques, abandonnant maisons, biens, activités économiques et parfois des membres de leurs familles.
Arrivés dans d’autres villes, notamment à Kinshasa, ils espéraient trouver un environnement où ils pourraient reconstruire leur vie dans la sécurité.
Mais les événements rapportés autour de la famille de David Mbungu suscitent désormais une nouvelle inquiétude.
« Nous avons fui la guerre. Nous ne voulons pas que les familles qui nous accueillent deviennent à leur tour des victimes à cause de notre situation », déclarent des déplacés.
Pour eux, le déplacement ne doit pas entraîner une nouvelle forme de vulnérabilité, de stigmatisation ou de suspicion.
Les familles d’accueil également exposées
Les déplacés soulignent le rôle essentiel joué par les familles qui acceptent de leur offrir un toit, de la nourriture et un espace de sécurité.
Ils estiment que la solidarité envers une personne déplacée ne devrait jamais constituer un motif de menace ou de violence.
Ils appellent ainsi les autorités compétentes à garantir la protection non seulement des personnes déplacées, mais également de toutes les familles d’accueil qui leur viennent en aide.
Une demande d’enquête et de protection
Face à ce drame, les déplacés de l’Est demandent aux autorités congolaises de faire toute la lumière sur les circonstances ayant entouré la mort de David Mbungu Mavallee.
Ils souhaitent notamment :
l’ouverture d’une enquête sérieuse, indépendante et impartiale afin d’établir les responsabilités ;
la protection des personnes déplacées et de leurs familles d’accueil ;
la poursuite, conformément à la loi, de toute personne reconnue responsable de violences ;
la création de mécanismes permettant de signaler rapidement les menaces ;
la lutte contre les actes de stigmatisation fondés sur l’origine, le lieu de naissance ou le statut de personne déplacée.
« Nous sommes des victimes de la guerre, pas des ennemis de la République »
En cette matinée du 11 septembre 2025, le message des déplacés de l’Est est avant tout un appel à la protection et à la dignité.
Ils demandent à ne pas être assimilés à des ennemis en raison de leur origine géographique ou de leur parcours. Ils rappellent qu'ils sont des citoyens congolais ayant été contraints de quitter leurs territoires en raison de l'insécurité.
« Nous avons fui la guerre pour sauver nos vies. Nous ne voulons pas que notre déplacement expose ceux qui nous accueillent au danger. »
À travers la mort de David Mbungu, les déplacés de l’Est disent voir un signal d’alarme qui mérite l’attention des autorités et de la société.
Ils lancent ainsi un appel :
« Protégez les déplacés. Protégez les familles d’accueil. Protégez tous les Congolais. »
Le déplacement ne doit pas devenir une condamnation.
Nous avons fui la guerre. Nous voulons simplement vivre en sécurité.
Les déplacés de l’Est de la République démocratique du Congo
Par la Rédaction

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