Likasi: Dénonciation d’un réseau de connivence entre magistrats et groupe mafieux autour de la vente de l'usine CAM Ressource

 

De graves visent un réseau présumé mêlant avocats, magistrats et investisseurs étrangers autour d’une tentative de spoliation d’un bien industriel à Likasi. Au cœur de cette affaire : la vente de l’usine CAM Ressource, adjudiquée en 2023 par voie publique au profit d’un entrepreneur congolais, Jonathan Mukendi. Ce dernier dénonce aujourd’hui un plan visant à l’écarter illégalement, avec l’appui d’une alliance entre le cabinet de l’avocat Joseph Chanyema et certains hauts magistrats basés à Lubumbashi.

Le cabinet de Me Joseph Chanyema, agissant pour le compte du groupe VCO et de la société Rok Metal, a déposé une plainte le 2 mai 2025 contre le Premier Président de la Cour de cassation, Elie-Léon Ndomba Kabeya, auprès de la Cour d’appel du Haut-Katanga. D’après les dénonciateurs, cette action judiciaire fait partie d’une stratégie d’intimidation montée par un réseau d’influence judiciaire visant à légitimer une nouvelle vente de l’usine et ainsi retirer l’adjudication légale à M. Mukendi.

Des magistrats dans le viseur

La plainte contre le haut magistrat aurait été déposée dans un environnement jugé favorable au groupe VCO, notamment en raison des liens de proximité entre Me Joseph Chanyema et plusieurs figures influentes de la justice locale :

M. Malagano, Premier Président de la Cour d’appel du Haut-Katanga

M. Joseph Makunzo, ancien Président du Tribunal de grande instance de Likasi, aujourd’hui conseiller

M. Yves Ilunga Mwepu, Avocat général

Ces personnalités sont soupçonnées d’avoir élaboré, avec le cabinet Chanyema, un plan de manipulation judiciaire pour justifier l’annulation de la première adjudication et ainsi permettre au groupe VCO de récupérer l’usine de manière irrégulière.

Toujours selon les éléments recueillis, les représentants de Rok Metal et VCO auraient tenté d’obtenir à Kinshasa un document officiel reconnaissant un investissement de 6 millions de dollars dans la réhabilitation de l’usine. L’objectif : faire passer la RDC pour un État débiteur envers ces opérateurs étrangers et éventuellement engager des poursuites contre le pays sur le plan international.

Cette tentative aurait échoué grâce à la vigilance de certains acteurs congolais, ce qui aurait renforcé les tensions au sein du réseau mafieux présumé.

Dans la plainte déposée, les avocats du groupe VCO dénoncent ce qu’ils appellent une « cabale orchestrée au sein du cabinet du Premier Président de la Cour de cassation », visant à écarter leur client de la procédure d’adjudication. Pourtant, selon des documents judiciaires consultés, la vente a déjà été organisée en 2023, et Jonathan Mukendi a été provisoirement retenu comme adjudicateur légal.

Les observateurs s’interrogent : pourquoi relancer une nouvelle procédure de vente si un adjudicataire existe déjà ? Des voix s’élèvent pour dénoncer une opération de manipulation destinée à nuire à un entrepreneur congolais au profit d’intérêts privés et de réseaux judiciaires corrompus.


Par Gaspard LWENDO 

Comments

Popular posts from this blog

LIKASI/Un réseau mafieux dénoncé : le Président de l’ASBL FOBAC alerte sur les activités d’un citoyen grec dans le Haut-Katanga

Des notables de Fizi échangent avec le Maire adjoint de Bukavu sur le développement constructif

RDC : Les ressortissants du Kivu réfugiés à Kinshasa et Lubumbashi passent par les cachots pendant deux semaines avant d'être relâchés sous une amende. Christian BAHATI FOBAC dénonce cette stigmatisation