*RDC : François Rubota Masumbuko exhorte à l'Assemblée nationale d'aligner les vraies priorités de la Nation pour le budget 2026*

Quand on a exercé des responsabilités publiques, deux questions reviennent sans cesse, du moins pour moi :

1. Qu’a-t-on fait qui n’aurait pas dû l’être ?

2. Qu’aurait-on dû faire mais qui ne l’a pas été ?

À l’approche de la session budgétaire consacrée à l’exercice 2026, ces interrogations m’obligent à revisiter mes analyses antérieures et à réactualiser mes propositions adressées à l’Assemblée nationale, autorité budgétaire de la République. Ces propositions ont déjà été formulées notamment dans :

Ma tribune publiée dans le journal JUSTICE, n°066 du 10 février 2025 ;

Le compte rendu réalisé par le journaliste Patrick Lokaka, daté du 30 août 2025, intitulé L’agriculture et le développement rural : deux secteurs siamois pour le développement à la base.

Forte de ma modeste expérience d’ancien membre du gouvernement, et au regard du moment particulièrement décisif que traverse la RDC pour son avenir en tant que pays et en tant que Nation, voici ce qui, selon moi, doit impérativement guider les choix budgétaires.

A. Les actions prioritaires à entreprendre

1. Défense et sécurité : restaurer la force dissuasive nationale

Il est indispensable de renforcer les capacités opérationnelles et technologiques de nos forces de défense et de sécurité pour garantir qu’aucun pays voisin n’ait plus jamais la possibilité de nous agresser.

Cela exige un réajustement budgétaire portant ce secteur à 40 %, afin de répondre à l’exceptionnalité du moment et de moderniser durablement nos moyens de défense.

2. Infrastructures : relier le pays pour stimuler l’économie

La construction et la réhabilitation des routes nationales, provinciales, territoriales et des infrastructures socio-économiques (dont celles prévues dans le PDL-145T) doivent constituer une priorité.

Elles sont essentielles pour revitaliser l’économie rurale et faciliter la circulation des biens, des services et des personnes.

3. Rémunération des agents publics

L’État doit assurer une gestion responsable et régulière de la rémunération de ses agents. C’est une condition du bon fonctionnement de l’administration et de la stabilité sociale.

4. Secteur productif : replacer l’agriculture au centre de l’économie

L’agriculture et le développement rural doivent redevenir des piliers stratégiques grâce à :

L’identification et la cartographie des 80 millions d’hectares de terres arables et des 4 millions d’hectares irrigables ;

L’identification des acteurs, équipements, intrants et semences disponibles ;

La mobilisation des responsables politiques, administratifs, parlementaires et mandataires publics, pour qu’ils exploitent chacun un champ dans leur village ;

L’encadrement des paysans au sein de coopératives ;

L’activation coordonnée de toutes les structures du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, des agences onusiennes, ainsi que des projets financés par la Banque mondiale et la BAD ;

La subvention de l’agriculture sous forme de prêts orientés vers les acteurs agricoles ;

La transformation des bases de Nkuadi, Nkundi, Mongata, Lubondaï et Ruzizi en sociétés privées ou en modèles inspirés du Service National ;

La clarification du rôle de l’État : l’agriculture doit être une activité économique portée par des opérateurs privés, non par l’administration ;

La relance de Bukanga-Lonzo, mais cette fois sous un modèle privatisé et rationnel.

5. Secteur social : protéger les populations

La gratuité de la maternité et de l’enseignement doit être consolidée, car elle constitue un levier essentiel d’équité et de développement humain.

B. Ce qu’il faut éviter absolument

Mettre fin à la politique d’achat et de distribution de tracteurs, souvent inadaptée, inefficace ou détournée ;

Ne pas transformer l’État congolais en opérateur économique agricole, pour ne pas répéter les échecs de Bukanga-Lonzo, de la DAIPN et d’autres expériences similaires ;

Ne pas faire porter à l’État la charge de la mécanisation agricole : celle-ci doit relever des acteurs du secteur ;

Cesser l’achat annuel de semences pour distribution, une pratique coûteuse, peu durable et non structurante.



Rédaction

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