Accord de Washington entre la RDC et le Rwanda : « Le moment n’est pas encore à la fête mais plutôt au montage des stratégies », François Rubota Masumbuko

Oui, l’accord de Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda a bel et bien été signé. Très sincères félicitations au Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo pour le courage, l’engagement et la détermination dont il a fait preuve afin de mettre fin à la guerre et de favoriser des relations de bon voisinage, indispensables à une paix durable, gage d’un développement réel pour toute la région des Grands Lacs.

Cependant, cette signature sans sourire ni poignée de main  n’est qu’une étape. Nécessaire, importante, mais insuffisante. Le plus dur commence maintenant, à moins que les États-Unis ne décident de peser de tout leur poids. Peut-être que la quête effrénée du prix Nobel de la paix par Donald Trump pourrait, paradoxalement, contribuer à accélérer les choses. Mais rien ne sera possible sans une véritable volonté politique régionale. La confiance a été profondément érodée, les autres intérêts sont multiples, complexes et parfois divergents.

Je crains que la prochaine étape prenne beaucoup trop de temps, au détriment du peuple congolais qui endure depuis plus de trente ans des souffrances indicibles. Tant que la signature n’est pas suivie d’actions concrètes, la paix restera un mirage.

Au Sud-Kivu, ma province, comme au Nord-Kivu, les populations vivent en errance. Mes pensées et mes prières vont à la population de Kaziba, Kamanyola, Katogota, Luvungi, aux habitants des moyens et hauts plateaux ainsi que de toute la plaine de la Ruzizi, aujourd’hui sur les routes et dans les sentiers montagneux, femmes et enfants en détresse. Je n’oublie pas non plus nos compatriotes, où qu’ils se trouvent, au cœur d’une souffrance quotidienne.

La question épineuse des FDLR, évoquée depuis tant d’années et souvent présentée comme la base des mesures défensives du Rwanda, nécessite une tripartite urgente : Nations unies (HCR), Rwanda et RDC. Nous, Congolais, souffrons énormément de cette situation depuis 1994.

Où se trouvent réellement ces groupes ? Combien sont-ils ? Et surtout, que faire pour résoudre définitivement cette question ?

Il est temps que le monde se mobilise pour mettre fin à cette tragédie. Il est temps aussi que le Congolais prenne pleinement conscience de la gravité de l’heure. Parce que la paix ne naîtra pas d’une signature, mais d’une véritable volonté collective.



Rédaction

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