Bukavu : la SEWA clôture le mois de la femme en appelant à l’appui des étudiants et à l’autonomisation des jeunes filles
La Synergie des Étudiants de Walungu (SEWA-RDC) a organisé, vendredi 27 mars 2026 à Bukavu, une conférence-débat marquant la clôture du mois de la femme, couplée à l’intégration de nouveaux étudiants.
Dans une salle de conférence de l’Hôtel BULUNGU remplie d’étudiants et de personnalités de la société civile, la Synergie des Étudiants de Walungu (SEWA-RDC) a organisé, ce vendredi 27 mars 2026, une conférence-débat de haute portée intellectuelle. Entre plaidoyer pour la paix à l’Est et intégration des nouveaux étudiants, l’événement a marqué les esprits par la pertinence des thématiques abordées.
C’est sous le thème de la responsabilité et de l’engagement que la SEWA-RDC a commémoré la Journée internationale des droits de la femme. Loin des célébrations festives habituelles, la structure a choisi l’approche scientifique pour éveiller les consciences de la jeunesse estudiantine de Walungu vivant à Bukavu.
L’innovation de cette journée fut l’intervention inaugurale de Madame Mireille MAPENDO KASAHENE. Intervenant via vidéoprojecteur depuis Kinshasa, elle a développé le thème : « Le rôle de la femme dans l’engagement social et la solidarité envers son prochain ».« L’avenir appartient à ceux qui se donnent », a-t-elle lancé avec fermeté, tout en saluant la détermination des membres de la SEWA.
Lors de son interview à distance, elle a précisé : « Mon message était d’encourager ces jeunes à ne pas attendre que les opportunités tombent du ciel, mais à devenir des acteurs sociaux dès l’université. La femme congolaise, en particulier, doit être le ciment de la solidarité nationale dans ce contexte de crise. »
Le panel, exclusivement féminin, a ensuite abordé des questions de fond. C.T AKONKWA Brigitte de l’UOB a suscité un débat houleux sur le dilemme entre mariage précoce et cursus académique. « Le mariage ne doit pas être perçu comme une fin en soi au détriment des études », a-t-elle martelé, soulignant les conséquences de l’abandon scolaire sur l’autonomie future de la jeune fille.
De son côté, Merveille DEBORAH MUBALAMA, Présidente a.i du Conseil Provincial de la Jeunesse/SK, s’est penchée sur l’épineux problème de l’emploi : « Il est paradoxal d’exiger des années d’expérience à une jeune diplômée qui sort à peine de l’université. Nous plaidons pour des politiques d’insertion qui tiennent compte de la réalité du terrain », a-t-elle déclaré lors de son échange avec la presse.
Enfin, Solange LWASHIGA, Secrétaire Exécutive du Caucus des Femmes pour la Paix/SK, a ému l’assistance en traitant du stress lié au chômage. Elle a rappelé que la précarité actuelle fragilise la santé mentale des femmes à l’Est, victimes de traumatismes multiples.
L’un des moments forts de la journée fut l’annonce d’une mesure de soutien direct aux étudiants. Face à la précarité économique qui frappe de nombreuses familles de Walungu, la coordination a procédé à la distribution gratuite de cartes de membre à plus de 90 étudiants.
Cet octroi, fait sans aucune exigence financière préalable, a été rendu possible grâce à l’accompagnement de certains membres de l’ADEN (Association pour le Développement de Bugweshe). Ce geste a été salué par une salve d’applaudissements, illustrant la mission de solidarité de la synergie.
Clôturant l’activité, le Coordonnateur National de la SEWA-RDC, Arsène AGANZE MURHABAZI, a prononcé un discours empreint de gravité et d’espoir. Il a d’abord dressé un bilan sombre de l’impact de l’insécurité : « Depuis le début de cette année académique 2025-2026, nous avons déjà enregistré 42 abandons d’études suite à l’incapacité de payer les frais académiques. Nos parents, agriculteurs et éleveurs, sont victimes de pillages et de la guerre. »Il a fustigé le comportement de certains acteurs politiques nationaux : « Le peuple n’a pas besoin de vainqueurs, mais d’une compétitivité collective au service de l’intérêt général. Il est temps de préserver l’unité et le dialogue fraternel. »
Mr. AGANZE a conclu en souhaitant la bienvenue aux nouveaux étudiants, rappelant que la SEWA est ouverte à tous les fils et filles de Walungu, quel que soit leur lieu de naissance. Il a annoncé des projets ambitieux, notamment un élevage de porcs, un cybercafé moderne et le plaidoyer pour l’acquisition d’un siège propre à Bukavu.
Par la Rédaction Alain Mujishamba




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